FAQ aménorrhée + TCA

Cette vidéo est la deuxième partie du témoignage et partage que j’ai souhaité faire sur mon aménorrhée et anorexie.
La première vidéo a été très longue, et celle-ci le sera aussi sans doute. En espérant avoir répondu à toutes les questions que vous pourriez vous poser, et surtout… vous avoir donné matière pour vous aider : vous et/ou vos proches qui sont concernés.

En préparant cette vidéo, je me suis demandée si je devais tout dire ou ne pas tout dire. Je pense notamment à ces fameux chiffres tabou de poids, kilos, etc.
On pourrait débattre sur la question, et être ballotée entre deux positions :
– se focaliser sur certains détails (poids, perte, etc.) donne de l’importance qui n’est pas la réelle cause de la maladie.
– à l’inverse, ne pas les dire, c’est aussi entretenir une part de mystère, et donc entretenir un tabou.

Pour ma part : j’ai choisi d’opter pour exprimer le plus de choses possible : autant être transparente jusqu’au bout ne pas entretenir le tabou.

 

⬇︎ Ci-dessous la vidéo + ses différentes parties ⬇︎
⬇︎ Ci-dessous, aussi, le texte de la vidéo (pour ceux préférant lire) ⬇︎

 



 

Différentes parties

00:01 Introduction
02:32 Annonce du plan
02:43 Partie concernant l’anorexie
02:47 Comment suis-je devenue anorexique ?
11:31 Combien de poids as-tu perdu ? Repris ?
13:01 Est-ce que j’ai eu recours aux laxatifs ?
13:43 Est-ce que je me faisais vomir (boulimie) ?
14:09 Comment vivais-je mon anorexie ?
16:37 Comment et quand ai-je compris que j’étais anorexique ?
18:56 Comment ont réagi mes proches ?
23:34 Comment ai-je réussi à m’en sortir ?
33:42 Comment je visualise le travail avec un psy
40:49 Comment ai-je retrouvé mon poids de forme ? Comment je sais que c’est mon poids de forme ?
44:51 Est-ce que j’aime mon corps, aujourd’hui ?
49:01 Est-ce que je me suis fait mes tatouages pour aimer mon corps ?
49:46 Est-ce que j’ai des reliquats des TCA ?
50:26 Est-ce que tes goûts « compliqués » en produits animaux sont liés à tes TCA ?
52:06 Est-ce que mon choix de devenir végétarienne (octobre 2015) est en lien avec mes TCA ?
52:46 Partie concernant l’aménorrhée
52:52 A quoi ai-je eu recours pour retrouver mes règles ?
53:56 Est-ce que l’absence des règles te déprimait ? Te faisait peur ?
54:42 Est-ce que j’ai perdu espoir ?
56:02 Qu’est-ce que les règles représentent(ai)ent pour toi ?
56:38 Comment mes règles sont-elles revenues ?

 


 

FAQ

Anorexie

Comment es-tu devenue anorexique ?

Il faut avant tout comprendre que chaque anorexique est différente : les « raisons », les sources de la maladie sont en général multiples, complexes, et imbriquées les unes dans les autres.

Me concernant, j’ai pu comprendre avec l’aide de professionnels (dont je vous parlerai plus loin) d’où provenaient les origines de ma maladie. Je sais aussi qu’il y a eu un élément déclencheur. Un peu comme si, durant mon enfance et mon adolescence, j’avais accumulé de la poudre à canon, et un jour, « PAF », un élément déclencheur y a mis le feu, et ça a explosé.

Bébé et enfant : j’étais potelée, ronde, bien en chaire, appelez ça comme vous voudrez. À ma naissance, déjà, j’étais ce qu’on appelle un « beau bébé » : je pesais 3,7 kilos.

Jusqu’à mes 15 ans, j’ai grandi avec mes parents en tant qu’expatriés : 3 années en Inde, et 11 années dans trois villes différentes du Moyen-Orient.
Ce genre d’environnement social et culturel est extrêmement différent de l’environnement en France, qu’importe la ville.
Là-bas, la norme est d’être différent.
Religion, origine, caractère, personnalité : tout est accepté. C’est extrêmement ouvert, respectueux, chaleureux.
C’est très important pour la suite de comprendre où j’ai grandi.

Je suis rentrée en France le 21 juin 1998.
Ça a été une véritable claque. Sociologique, culturel, en terme de climat, émotionnel, la manière de penser, vivre.
En tout.
On m’a rapidement fait comprendre que j’étais différente. Que ma manière de m’habiller n’était pas « à la mode », que même si j’étais française, je n’étais pas d’ici. On se moquait d’où je venais. On me faisait comprendre que mon corps était considéré comme « trop ».
À l’époque, j’avais un IMC qui était médicalement « dans la norme ».
Mais, d’un point de vue des standards de notre société, j’étais considérée comme grosse.
Moi, je ne me considérais pas « grosse ». Mais on me l’a dit. Une fois, deux fois, dix fois, des centaines de fois.
Donc, au bout d’un moment, surtout quand on est enfant ou ado, quand on voit des gens, adultes et camarades, nous répéter quelque chose, au bout d’un moment, on finit par croire qu’ils ont raison.
Certains de mes camarades m’appelaient « Obélix ». Alors, bien sûr, c’était pour rire. Mais ça reste. Même si c’est « pour rire ».

Ma mère avait un rapport compliqué avec la nourriture : je l’ai vu toute sa vie faire le « yoyo ». Vu que ce n’était pas pathologique, on n’en parlait pas. Je crois aussi qu’à l’époque je n’avais pas les clés pour comprendre.
Vu qu’elle a beaucoup souffert de cela, je pensais qu’elle avait aussi peur pour moi.
Vu que j’étais « bien en chair », elle m’a amenée chez un nutritionniste lorsque j’avais 14 ans.
J’ai fait mon premier régime où j’ai perdu – je ne me souviens plus trop – mais environ 5-6 kilos je dirai ?
Puis, bien sûr, ce qui arrive souvent dans ces cas-là, est arrivé : après avoir connu la restriction, j’ai connu la décompensation. Et c’est ainsi qu’à l’âge de 14-15 ans, j’ai commencé les régimes. J’en ai fait pas mal, dont le fameux régime à base de sachets protéinés.
Entre mes 14 ans (1e régime) et mes 22 ans (début de l’anorexie), comme j’ai fait plusieurs régimes, et que ça a entrainé une prise de poids, le poids que je faisais alors, au début de mon anorexie, n’était pas mon poids « normal ». Il restait toutefois dans les normes médicales.

Je n’en veux pas à ma mère. Je sais qu’elle m’aimait profondément, et qu’elle pensait faire ça pour m’aider.
C’est un sujet complexe de la société que je ne peux aborder là tant on pourrait l’aborder pendant des heures.
En 2002, j’ai emménagé à Paris, après avoir eu mon BAC, pour commencer une licence d’anglais.
J’ai fait une rencontre avec un garçon de mon âge, de ma classe. On a été en couple pendant un moment. Puis… j’ai vécu des choses. Des choses que je sais anormales, car il y a plusieurs dizaines de témoins dans mon ancienne fac, et parmi des amis communs. Mais j’ai gardé peu de souvenirs de ces « choses ». Mon cerveau a une espèce de « black-out » de cette période, et je sais que c’est une réaction normale lorsqu’on vit quelque chose de violent physiquement et / ou psychiquement. Ce que je peux dire avec certitude, c’est que ce garçon n’a jamais été violent envers moi physiquement : il n’a pas abusé de moi sexuellement, ni ne m’a battue ou frappée.
Mais… il y a des violences qui sont autrement dévastatrices.
J’en ai bien entendu parler avec un psychologue, mais plus vraiment avec les personnes qui ont été témoin (d’ailleurs je n’ai gardé contact une seule d’entre elles, Gael, dont je reparlerai plus loin).
Au bout d’un an de violence émotionnelle, de ce que moi je nomme une « torture » psychologique, j’ai entamé un énième régime.
C’était le 25 janvier 2005.
Un régime comme j’en avais déjà fait beaucoup dans le passé.
Celui-ci a dérapé…
Je suis tombée progressivement dans une spirale de perte de poids, de joie associée, et d’incapacité à m’arrêter, même lorsque le poids voulu était atteint.

 

Combien de poids as-tu perdu / pris ?

Ah ! Les chiffres, les kilos. Sujet Ô combien tabou et illusoire quand on aborde les TCAs.
Pour les raisons évoquées précédemment, j’ai choisi d’en dire le plus possible, donc je serai transparente avec les chiffres.

Chaque corps est différent. Donc avant vous parler de poids et de kilos, quelques précisions :
– je mesure 160 cm,
– j’ai une morphologie en poire (fine en haut, et généreuse au niveau des hanches, fesses et cuisses), depuis toujours. C’est ma constitution. Même quand j’étais maigre et malade, mon corps était plus fin en haut qu’en bas.
– j’ai une constitution que l’on nomme « Kapha » en Ayurvéda, autrement dit : ma nature morphologique n’est pas fine de base.

Avant mon anorexie – début janvier 2005 – je faisais 66 kilos.
Le poids le plus bas que j’ai fait pendant mon anorexie est 40 kilos.
J’ai donc perdu 26 kilos.
Mon poids actuel est de 60 kilos.
Je suis stable depuis plus d’un an et demi.

 

Est-ce que tu as déjà eu recours à des laxatifs ?

Seulement au tout début : en février ou mars 2005, je crois.
Je commençais à perdre du poids, mais n’avais pas conscience que cet énième régime allait déraper.
J’en ai pris qu’une ou deux fois. J’ai arrêté, car j’ai eu de tels maux de ventre que j’ai cru mourir.
Je me souviens avoir envoyé un sms à une amie d’enfance pour lui dire que si elle n’avait pas de nouvelles de moi dans les quelques heures qui suivent, elle devait appeler les secours.

 

Est-ce que tu te faisais vomir ? Est-ce que tu as été boulimique ?

Non.
J’ai eu essayé l’été 2005, mais n’ai jamais réussi. Avec le recul, et ce que je sais de cette maladie, je bénis la vie de ne pas avoir réussi, car sinon je pense que ça aurait compliqué ma maladie.

 

Comment vivais-tu ton anorexique ?

Je l’ai mentionné précédemment : bien qu’il y ait des « tendances » dans le comportement des personnes anorexiques, toutes vivent différemment cette maladie : le lien avec la nourriture (aliments interdits, calcul des calories ou non), leur rapport au corps (se peser ou non), les relations sociales, l’exercice physique (absent ou très présent), etc.

Pour ma part, j’étais devenue une encyclopédie vivante en terme de calories : je connaissais par cœur toutes les valeurs caloriques des aliments.
Je pesais tout mes aliments, même mes légumes, et je calculais tout.
Je tenais un journal de calories, un journal de poids.
Je me pesais tous les jours, et parfois plusieurs fois par jour.
Je mangeais à heure fixe, et si je mangeais « en retard », ça m’angoissait énormément.

Au niveau social, j’ai coupé tout lien. Je ne parlais plus à personne.
La maladie a été pour moi, une manière de me protéger, de cesser de vivre cette violence sociale que je vivais, plus ou moins fréquemment, plus ou moins intensément depuis mon retour en France.
Ce qui a fait exploser mes limites, c’est cette rencontre, cette histoire avec ce garçon.
De 1998 à 2005, je m’étais complément perdue moi-même.
Avant 1998, j’avais toujours eu l’espace d’exister en tant qu’enfant introvertie, sensible, rêveuse. J’étais déjà « en décalage », un peu bizarre. Mais, encore une fois, là-bas, c’est la norme d’être différent.
Alors, j’étais normale.
De subir une pression sociale en tout point, par rapport à mon corps, ma sensibilité, ma gentillesse, mon enfance orientale… c’était trop.

Si je devais utiliser une métaphore : c’est comme si mon aspect émotionnel et social était brûlé, à vif, hyper irrité.
À ce moment-là, mon inconscient n’a pas trouvé d’autre moyen que de couper tout ce qui pouvait être source d’irritation.

Une partie de moi avait besoin de se retrouver seule.
Je ne dis, évidemment pas, que c’était un réflexe sain. D’ailleurs, vous vous en doutez, je ne l’ai pas réfléchi, je ne l’ai pas choisi. Mais, mon inconscient a enclenché ce mécanisme.

 

Quand et comment as-tu pris conscience que tu étais anorexique ?

J’ai mis du temps à comprendre qu’il y avait quelque chose qui avait dérapé.
J’ai d’ailleurs compris qu’il y avait un problème, après que certains de mes proches l’avaient compris.

Lorsque j’ai commencé cet énième régime, j’avais un but en terme poids à atteindre (comme souvent dans un régime). Lorsque je l’ai atteint, je me suis dit « Allez, j’en perds encore 2-3 pour avoir une marge de sécurité. »
Puis, en juin 2005, je suis partie 2 mois (je crois) au Canada, à Montréal, pour réaliser un stade d’été.
J’étais hébergée chez des amis canadiens à mes parents, qu’on avait connu quand on était expatriés.
À la fin de l’été, à une semaine de la date où je devais rentrer en France, je me suis rendue compte que ma perte de poids durant mon séjour canadien allait être visible pour mes parents qui ne m’avaient pas vu pendant 2 mois… et ça m’a affolée. Puis, je me suis dit qu’il fallait que je mange plus pour arrêter de perdre, et cette idée m’a énormément angoissée.
C’est à ce moment précis que je me suis rendue compte qu’il y avait un problème.
Soit près de 8 mois après avoir commencé cet énième régime.
J’avais alors perdu environ 18 kilos.

Il y a quelque chose qui, aujourd’hui, m’intrigue énormément, et que je n’explique pas – ou pour être plus précise que je ne « comprends » pas.
J’y reviendrai plus loin en détails, mais je tiens à le mentionner rapidement ici.
Ce jour-là, le jour où j’ai pris conscience que j’avais un problème, que j’étais sans doute anorexique (sans mettre de vrai mot dessus), je me souviens avec précision, que cette prise de conscience allait de paire avec le fait que j’avais un problème PSYCHOLOGIQUE.
Et que, par conséquent, la résolution de mon problème devait passer aborder la sphère PSYCHOLOGIQUE.

Qu’en gros, la nourriture, le corps, n’est que l’expression d’un mal plus profond, d’un déséquilibre, d’une dépression, d’une maladie.

 

Comment ont réagi tes proches ?

Difficile de parler en leurs noms, il faudrait leur poser directement la question.
Aussi, je vais essayer de répondre du mieux possible, en sachant que c’est vu et perçu via mon biais.
Déjà, l’anorexie et les TCAs restent des troubles, des maladies très tabous.
Avec le recul, si j’essaie de regarder de l’extérieur, ça peut faire peur aussi.
Parce que les autres ne voient que notre enveloppe corporelle.
Changer brutalement.
Et que face à des troubles psychologiques, on est encore souvent démunis.
On ne sait pas trop quoi dire ou comment se comporter avec les gens qui vivent quelque chose de non visible et quelque chose qui est « dans la tête ».

Mes parents et ma soeur ils étaient désemparés. Ils ont été très présents, aimants, soutenants. Parfois maladroits, mais toujours aimants.
Ça doit être tellement affreux d’avoir sa fille ou sa petite soeur qui se tue à petit feu.
Étrangement, depuis, j’en ai peu parlé avec eux.
Ma mère et ma soeur, car elles sont décédées au moment où je commençais à m’en sortir. Elles ne m’ont jamais vue guérie… mais je crois dans le fait qu’elles me voient de là-haut, et qu’elles me protègent.
Mon Papa, je lui en ai parlé depuis. Il ne s’est pas trop étendu sur le sujet. Il m’a dit qu’ils s’étaient beaucoup renseigné avec ma mère sur des groupes de parole, des thérapies.

Le reste de ma famille : tante, oncle, cousins et cousines étrangement, j’en ai jamais parlé avec eux.
Pendant que j’étais malade, je suis quasiment certaine que mes parents l’ont dit aux autres membres de ma famille (au téléphone ou par un autre moyen). Comme c’est un sujet tabou ET qu’ils pensaient que ce n’était pas leur rôle d’intervenir (et comment ?), nous en avons jamais parlé durant la période où j’étais malade.
Et depuis que je m’en suis sortie, nous n’en avons pas parlé non plus. De mon côté, j’ai aucun tabou avec mes proches : j’en parle librement et facilement. Je pense que de leur côté, ils ne savent peut-être pas comment aborder le sujet, ou ils ne voient pas forcément l’intérêt (c’est derrière nous). Je ne sais pas.
En tous les cas, ils ont toujours été très prévenants et respectueux. Leur attitude m’a énormément touchée.
Lors de repas de famille, ou de réunions (qui étaient autant un plaisir qu’une source de calvaire), ils faisaient tout leur possible pour me traiter normalement. J’ai eu beaucoup de chances à ce niveau-là. J’ai une famille aimante et extraordinaire.

Mes amis de fac, de lycée et d’enfance (du Moyen-Orient) j’ai coupé tout contact.
Les quelques personnes avec qui je parlais c’était mes professeurs de BTS de l’époque (j’avais entamé une reconversion), et ma tutrice (je faisais mon BTS en alternance). D’ailleurs, je sais qu’elle suit mon blog. Merci Isabelle d’avoir été aussi bienveillante avec moi.
Sinon, pendant 2 ans, pendant près de 2 ans, je n’ai parlé à personne, je n’ai répondu à aucun e-mail, appel, message.
À une exception près.

Gael Gael a été – est – une personne extrêmement importante pour moi.
Souvent, je dis que je lui dois la vie. Elle déteste que je dise ça, et ça la fait râler, mais c’est un peu vrai.
Je l’ai connue lorsque j’étais à Paris, pendant mes deux années de fac d’anglais. Elle a fait parti des personnes qui ont vu et compris que j’avais sombré dans l’anorexie avant que je m’en aperçoive moi-même. Lorsqu’elle a su que j’arrêté mes études d’anglais, et que je retournai en Picardie (où j’ai fait mes années de lycée) pour commencer de nouvelles études avec un BTS, elle a cherché à créer un lien avec moi. Elle a pris mon adresse e-mail, et elle m’a écrit. On s’est écrit quasiment tous les jours pendant 2 ans. Ça a été la seule personne avec qui je parlais.

 

Comment as-tu réussi à t’en sortir ?

Je ne pouvais pas faire cette vidéo sans essayer de répondre à cette question.
Je l’ai déjà dit, mais je tiens à le souligner de nouveau tellement ce point est crucial avant d’entendre ma réponse : chaque personne atteinte d’anorexie (ou de TCA) est différente : de par la manière dont s’exprime et s’imprime la maladie chez elle, les causes (toujours multiples) de sa maladie, ses faiblesses, etc.
Ma réponse reflète donc MON chemin : ce qui a fonctionné pour moi.

J’estime que j’ai vécu deux phases :
1/ me sortir de l’anorexie avec les calculs, les calories, la balance et l’obsession de tout cela.
1/retrouver un rapport fluide et sain avec la nourriture.

Ces deux choses ne sont pas la même chose : comme je le disais dans ma première vidéo, on peut avoir des problèmes dans notre rapport à la nourriture sans être anorexique ou boulimique. Beaucoup de gens dans notre société souffrent, d’ailleurs, d’un rapport difficile avec ce qu’ils mangent et/ou leur rapport au corps, sans que ce soit pathologique. C’est une souffrance qui est tout aussi importante, et qui ne doit pas être sous-estimée.

 

Écrire

La première chose qui m’a aidée, c’est écrire.
Je vivais une telle souffrance psychologique, une telle détresse, que je ressentais le besoin d’évacuer, de me décharger.
Un peu comme Dumbledore avec sa pensine :)
Alors, j’ai commencé un blog.
Mon premier blog.
Car, oui, mon premier blog n’a pas été mon beau Chaudron Pastel.
Mon premier blog a été un déversoir de souffrance.
J’écrivais sous un pseudonyme.
Chaque jour, j’écrivais un article.
Je mettais la date en haut. Puis le poids que je faisais ce matin-là.
Ensuite, je lisais ce que j’avais mangé.
Enfin, mes états d’âme, mes questionnements, ma souffrance.
Écrire n’a rien résolu. Mais ça me déchargeait. Et c’était déjà beaucoup.

Puis, un jour, j’ai découvert un forum du doux nom de « L’Échappée ».
Je ne me souviens plus comment je l’avais connu.
C’était un forum privé, avec un très petit limité nombre de membres. On devait être une petite vingtaine.
C’était un espace qui regroupait des femmes souffrant de TCA très lourds.
On venait de tous les pays francophones.
La seule condition pour y rentrer, c’était de vouloir s’en sortir, et de ne pas être dans une attitude de complaisance.
Ça a été une première amorce pour recréer des liens.
Je me sentais moins seule. Je me sentais comprise.
Je voyais qu’il y avait de merveilleuses et belles personnes qui souffraient, aussi.
On s’encourageait, on s’entraidait.
Un jour, j’ai décidé d’arrêter.
Le blog, le forum.
Ça a été effrayant et libérateur.
Comme si cette phase d’écriture et d’échanges virtuels avait été un cocon de chenille, et que je brisais peu à peu cette chrysalide qui m’avait aidée, mais était devenue trop étroite.
Du jour au lendemain, j’ai arrêté de venir sur le forum qui, depuis, a été supprimé, toutes les jolies Fées s’étant envolées.
Pour mon blog, j’ai tout imprimé pour conserver une trace, et je l’ai supprimé.
L’énorme dossier de cette preuve ancienne écrite est dans un carton dans mon grenier.

 

Psy

L’été 2006 a marqué une étape extrêmement importante dans mon cheminement.
Vous vous souvenez de ma réponse à « Quand et comment as-tu pris conscience que j’étais anorexique ? »
Je mentionnais le fait que j’avais pris conscience que j’avais un problème psychologique.
La réponse est là. J’ai toujours su que ma guérison passerait par un travail avec un psychologue.

Écoutez bien ce que je vais dire.
Ce que je m’apprête à vous dire est LA chose la plus importante de cette vidéo.
Si vous devez retenir une seule chose de cette vidéo, c’est ceci.

« Guérir de TCA ou se sortir d’un lien compliqué avec la nourriture
ne passe pas par la nourriture elle-même.
Se focaliser sur l’alimentation, penser qu’une alimentation « saine » et/ou personnalisée
va vous aider,
et vous guérir est la plus grande illusion de laquelle vous devez vous défaire pour vous en sortir réellement. »

Un Naturopathe, une diététicienne, une micro-nutritionniste ne résoudront PAS ces problèmes.
Ils peuvent vous accompagner EN PARALLÈLE d’un travail avec un psy.

En 2006, un an et demi après avoir sombré dans cet enfer, j’ai décidé de me lancer.
J’ai trouvé la bonne personne au bout de 4 essais : les trois premiers psy que j’ai essayé ne m’ont pas convenue.
Le quatrième fût une révélation. En plus de m’aider à amorcer mon processus de guérison de l’anorexie, il m’a aidée à comprendre que j’étais hypersensible, et aborder ce trait comme un don (et non une faiblesse).
Il m’a aidée à comprendre que j’étais une personne intuitive, et comment m’en servir.
Il m’a fait découvrir la Naturopathie lorsque je m’interrogeais sur une potentielle reconversion.
Il m’a aidée à comprendre beaucoup de choses en rapport avec mes liens sociaux : mon père, ma mère, ma soeur, les hommes, mes amis, le fonctionnement de la société en France.
Il m’a beaucoup appris sur moi-même.

Car, c’est ça travailler avec un psy : ça ne veut pas dire qu’on est fou ou folle, qu’on est un cas désespéré, ou qu’on va souffrir en faisant un travail sur soi.
Travailler avec un psy, c’est apprendre sur soi, sur le monde qui nous entoure, sur le lien et le rôle qu’on prend avec notre entourage.
Travailler avec psy, c’est grandir chaque jour, c’est tendre vers une meilleure version de soi-même émotionnellement, psychologiquement.
C’est déconstruire des schémas nous réservant en en prenant conscience.

Aucun livre, aucun podcast, aucun Naturopathe, aucun coach ne peut remplacer cela.
Je ne dis pas que les livres, les podcasts, la Naturopathe, les coaches ne servent à rien, mais plutôt que dans certains cas, ils ne peuvent pas remplacer un travail avec un psy est indispensable.

C’est parfois difficile de trouver son / sa pratien(ne).
Il faut parfois faire plusieurs essais (comme j’ai fait).
J’ai connu une jeune femme anorexique qui a dû faire 7 psy avant de trouver celle qui allait l’aider.

Quelque chose que je vois aussi BEAUCOUP et TRÉS souvent dans mes suivis en Naturopathie : c’est la peur de travailler sur soi. La peur de souffrir, la peur de découvrir des choses, la peur de soulever et « remuer » la merde. La peur de changer, aussi. Car, pour beaucoup, inconsciemment ou consciemment, parfois, des blessures, traumatismes, déséquilibres ont été intégré dans l’identité de la personne.
Les enlever, c’est ne plus savoir qui on est vraiment.

Personnellement, travailler sur soi avec un psy a été une des plus belles choses que j’ai pu m’offrir.
Bien sûr, travailler un an ou deux, ou même plus, ne garantit pas qu’on replongera, à un moment, dans une zone gris. Mais on aura certainement acquis des outils avec notre psychologue qui nous aidera peut-être à sortir seul(e)s de ces prochaines zones grises.
On peut-être que l’on devra avoir recours, à nouveau, quelques années plus tard, à une nouvelle période d’aide.
Et c’est ok.

 

Passer du combat à l’acceptation

Pendant les 5-7 premières années (j’ai du mal à me souvenir quand ça a switché), je voyais ce cheminement comme un combat à mener. Contre des démons.
D’ailleurs, souvent, j’effectue un exercice de visualisation où j’étais une merveilleuse princesse, avec une couronne, une magnifique robe, de longs cheveux… et, au bout de mes bras joints, je tenais et brandissais une magnifique épée incrustée de pierres précieuses.
Face à moi, un démon immense, 10 fois plus grand que moi, avec des yeux rouges, et tout en gris.
Je me voyais puissante, plein de force, de volonté et de courage, en train de le combattre.

Puis, un jour, je crois que ça devait être en 2011 ou 2012, j’ai tout d’un coup pris conscience que c’était une erreur, pour moi, de penser ainsi.
J’ai changé ma visualisation.
Tout était pareil : moi en princesse, le démon grand et gris aux yeux rouges.
J’avais toujours une magnifique épée en main… mais je la lâchais, et la laissais tomber à mes pieds.
En signe non pas d’abandon mais d’acceptation de ce qui est.
J’ai compris ce jour-là que ce démon, je n’avais pas à le combattre.
Car combattre, c’est renforcer ce qui est.

Il ne faut pas faire l’erreur de confondre résignation et acceptation.
Le premier terme signe un arrêt de cheminer, un abandon.
Le deuxième terme signifie que l’on reconnait ce qui est, dans une démarche de pleine conscience où l’on s’observe avec neutralité et bienveillance.

J’ai dû trouver un équilibre entre accepter ce qui est, et continuer à cheminer pour grandir et améliorer mes conditions de vie.

 

Se redéfinir

Quand on vit avec quelque chose pendant 5 années (ou plus dans certains cas), et que cette « chose » imprègne notre vie d’une manière très pressante (pour ne pas dire oppressante), que ce soit une maladie ou autre chose, on finit par se « fondre » dans sa maladie.
On ne distingue plus les contours : qui suis-je sans elle ? Est-ce que tel trait de caractère existerait toujours si elle n’était plus là ? Et cet autre trait ? Et celui-ci ?
J’ai compris cela vers 2011 ou 2013, je ne sais plus trop.
Je vivais alors depuis 6 ou 8 ans avec la maladie, quotidiennement.
Elle était toujours là, en arrière-plan. Du réveil au coucher, elle était présente.
S’en sortir, c’est comprendre que cela devra passer par un travail sur son identité.
Se reconstruire, c’est apprendre qui on est SANS elle.
C ‘est dur. C’est très dur.
Ça m’a pris un temps considérable.
Aidée par mon psy, mes amis, mes lectures, mes temps d’introspection, ma volonté de m’en sortir, le dégoût de la victimisation, etc.

 

La société

La première phase (travail psy) a été enclenché par l’anorexie.
La deuxième phase – celle dont je vais parler là – a été enclenché de par la relation amoureuse que j’ai eu de fin 2014 à 2017 où la personne me mettait énormément de pression : à la fois sur mon corps, et à la fois que la maternité qu’il a essayé de m’imposer.
Je me suis beaucoup interrogée et documentée sur l’image de la femme, de la mère.
Je vous ai listé à la fin de mon article toutes les ressources qui m’ont aidée à comprendre, décortiquer, prendre du recul, et décider qui j’étais vraiment dans tout cela.

 

Comment j’ai retrouvé mon poids de forme ?
Comment j’ai su que c’était mon poids de forme ?

Par le biais de plusieurs lectures (* aussi listées en bas d’article), j’ai compris que le poids de forme d’une personne était le poids auquel on se maintient lorsqu’on :

  • s’écoute,
  • mange à sa faim (sensations + envies),
  • sans se restreindre (ce que je faisais avant),
  • qu’on arrive à distinguer notre faim d’envies (souvent liés à des raisons émotionnelles : fatigue, stress, etc.),
  • et que l’on n’a pas d’addiction (sucre ou autre) – ce que je n’ai jamais eu, mais je le mentionne si ça peut être utile pour vous.

J’ai donc pris la décision d’essayer.
De lâcher-prise.
Sur la balance (que je continuais à utiliser plusieurs fois par semaine sans que ce soit quotidien).
Et surtout sur toutes les « règles » d’alimentation que je suivais : liées à la Naturopathie, mais aussi et surtout lié à une forme de contrôle en terme de quantité. Contrôle que je faisais pour stabiliser mon poids à un nombre que je trouvais bien.

J’ai pris cette décision après avoir rompu avec la personne avec qui j’ai été en couple jusque fin 2017.
Progressivement, j’ai repris du poids. Ça a été très très lent : environ 1 an et demi.
Durant cette période, je voyais régulièrement le chiffre monter.
Très. Lentement.
Ça peut être effrayant – et ça l’a été certains jours – surtout lorsqu’on sait mon passé.
C’était aussi rassurant (de voir ça très lentement).

Plus d’une fois j’ai eu envie de replonger, et tout arrêter… car j’ignorais si cette prise de poids allait s’arrêtait un jour.
D’un point de vue purement physiologique, vu que je n’avais pas de problème endocrinien (notamment de thyroïde), c’était de la logique pure de savoir que ça ALLAIT un jour se stabilisait.

Mais je ne savais pas quand ni à combien…
Et ça, certains jours, ça a été difficile.
J’ai tenu bon.
À chaque fois que j’ai voulu abandonner, le lendemain, je me disais : « Allez, on va pas se laisser faire. On va le trouver cet équilibre, il est FORCÉMENT là. »

Aujourd’hui, ça va faire bientôt deux ans que mon poids est stable.
Même pendant les fêtes, ou le confinement, je suis restée stable : j’ai simplement continuer d’écouter ma faim, mes ressentis, mes envies.
Je précise que les 4 années que j’ai fait avec deux psy différents + ma formation en Naturopathie m’ont forcément beaucoup aidée, et m’ont donnée des outils pour être plus à l’écoute de mon corps, et pouvoir faire ce cheminement, et que je ne sais pas si j’aurai pu y parvenir sans ce travail au préalable avec des professionnels.

 

Est-ce que tu aimes ton corps ?

Oui.
Aujourd’hui, j’ai un poids qui semble être mon poids de forme : il est stable depuis près de deux ans.
Je m’écoute : autant ma faim et satiété que mes envies.
Je n’ai plus aucune règle : d’heure de repas, de penser de calories, de « règles » quelconque.
La balance est rangée, et je dois me peser en général tous les 2-3 mois, quand j’y pense.
Ma seule règle est moi-même.

Mon poids de forme est un poids qui aurait été absolument impensable psychologiquement parlant, quand j’étais anorexique, et même pendant les 8 années qui ont suivi : où je ne l’étais plus, mais où mon rapport à mon corps et l’alimentation n’était pas fluide.

Le fait d’avoir retrouver mes règles a été ma récompense ultime.
J’y ai vu – et je vois encore – le signe de mon corps me disant « Merci. De ce côté-là de ta vie, tu as tout réglé. »
J’ai appris à aimer mes courbes généreuses.
Au début, c’était un amour timide, léger. Comme un battement d’aile de papillon.
Mais, on le sait tous, le pouvoir d’un battement d’ailes de papillon peut provoquer une tempête de l’autre côté de la planète (sourire) (l’effet papillon).
Ce qui m’a le plus aidée à ce niveau-là, c’est les recherches et le travail que j’ai fait en terme de sociologie et psychologie en lien avec notre société : articles, documentaires, livres, témoignages, enquêtes.
J’ai dénoué, démêlé.

Puis, quelque chose d’assez fou est arrivé.
En parallèle de ce cheminement personnel, je m’étais résolue à ce que dans mes potentielles futures relations amoureuses, l’homme devra accepter mon corps tel qu’il est : dans le sens où il devra se résoudre à avoir une compagne qu’il ne trouve pas belle au niveau du corps. Je me disais « Bah, il devrai m’aimer pour ma valeur, pour ce que je suis à l’intérieur. »
Jamais, pas une seule seconde, j’ai pu imaginer qu’un homme puisse me trouver belle.
Cette pensée n’était vraiment pas une pensée triste. Ce n’était pas une pensée où je me victimisais, ou j’amoindrissais ma valeur. C’était une pensée neutre que je pensais logique.

Jusqu’à… ce que je rencontre des hommes qui me disent qu’ils me trouvent sublimes, mon corps et mes formes inclus.
Je me souviens même de la première fois qu’un homme m’a dit ça, je pensais que c’était une blague, et j’ai ri (un peu comme quand on rit quand on fait une blague). Quand je voyais qu’il ne rigolait et qu’il ne comprenait pas pourquoi je me moquais de lui alors qu’il venait de me faire un compliment, j’ai compris que c’était VRAI.
Ça m’a fait beaucoup de bien de me rendre compte de cela.
Mon compagnon actuel m’aime énormément : autant de l’intérieur que de mon enveloppe corporelle. Il trouve que j’ai un corps sublime.

Bien évidemment, il y en a certainement qui pensent que je suis « trop » : que ce soit des hommes ou des femmes d’ailleurs.
Tous les goût sont permis, et il n’y a aucun problème à cela.
En revanche, dès lors que dans une relation (ou au sein de la famille ou une relation amicale ou autre), d’autre(s) font subir une pression quelconque. Ce n’est PAS normal.
Que ce soit sur le poids, la tonicité du corps, mais aussi sur les cheveux, la manière dont on s’habille, le maquillage, retrouver un corps d’avant-grossesse, ou n’importe quoi d’autre.
Il ne faut JAMAIS laisser les Autres dicter notre corps, le juger d’une manière ou d’une autre.

 

Est-ce que tu t’es fait tes tatouages parce que tu te sentais mal dans ton corps ?

Non. Il faut arrêter de penser que les gens qui se font tatouer – un peu ou beaucoup – ont un problème.
J’avais 16 ans que j’ai eu envie de faire mon premier tatouage, et j’ai commencé à imaginer mon premier à cet âge-là, soit 6 ans avant de sombrer dans l’anorexie.
Alors, non.
En revanche : « oui », je trouve mes tatouages beaux, et je trouve que, d’une certaine manière, ils embellissent mon corps.
Si vous pensez le contraire (ce que je conçois) : aucun problème, mais gardez à l’esprit que c’est VOTRE opinion, et c’est MON corps.

 

Est-ce que tu as des reliquats des TCA ?

Non.
Je ne pensais jamais y parvenir.
Comme je l’ai dit : j’avais vraiment fini par accepter le fait que je n’aurai probablement jamais un rapport normal à la nourriture : ce fameux « 80% de personnes ayant vécu des TCA » qu’un médecin m’avait annoncée.
Ça s’est fait comme ça, sans que j’ai ce but précis.
Tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, c’était dans le seul but d’aller mieux, de prendre soin de moi, et surtout, de me connaitre davantage, de devenir une meilleure version de moi-même.

 

Est-ce que tes goûts très « compliqués » en terme de produits animaux sont en lien avec tes TCA passés ?

Si vous me suivez depuis plus de 3 ans OU que vous avez vu ma vidéo sur « Pourquoi j’ai arrêté d’avoir une alimentation végétarienne », vous vous souvenez que je suis TRÈS compliqué en terme de produits animaux.
Pour rappel donc : je ne mange que du blanc de poulet, du bœuf et porc (seulement haché), du saumon et du thon.
Tout le reste, depuis que j’ai environ 8-9 ans, je ne mange pas : huître, foie gras, veau, agneau, lapin, charcuterie, poisson maigre, produits de la mer, cheval, etc. etc.
Donc ce n’est pas du tout en lien avec mes anciens TCA.
Je dirai que beaucoup, c’est en lien avec la conscience que j’ai eu enfant du lien entre les êtres vivants et ce qui se retrouve dans notre assiette : dans la majorité c’est lié à un refus de manger certains animaux (huîtres = vivants, foie gras  maltraitance, veau et agneau = bébé…), et d’autres, c’est lié à la texture que je déteste (charcuterie, steak, etc.).
D’ailleurs, on pourrait me dire « Mais ce que tu peux manger, c’est aussi des animaux mignons ? ». Oui, je n’ai pas dit que mon raisonnement était logique et « excellent », mais je vous le dis tel qu’il est.

 

Est-ce que ton choix de devenir végétarienne (octobre 2010) a été influencé par tes TCA ?

Non.
Comme je le disais précédemment : certaines manières / certains choix de s’alimenter – comme l’alimentation saine, végétarienne ou végan – est une manière que certaines personnes ayant vécu (ou vivant) des TCAs vont adopter pour s’aider et cheminer. Ça a été par exemple mon cas pour l’alimentation saine : en parallèle d’un réel intérêt (que je pense sincèrement avoir au-delà de mes anciens TCA), il y avait un fond d’illusion également.
Mais, je pense sincèrement que mon ancien végétarisme n’a pas été influencé par mes TCA. Comme je l’ai expliqué en détails dans ma vidéo sur ce sujet début 2017, c’était essentiellement pour des raisons économiques et de goût personnel.

 


 

Aménorrhée

 

À quoi as-tu eu recours pour essayer que tes règles reviennent ?

Si vous me connaissiez avant de regarder cette vidéo, vous savez que je suis du genre rigoureuse et pointue dans mes recherches et mon travail : des traits de caractère qui se retrouvent dans ma vie privée.
Quand je cherche une info, quand je souhaite atteindre un objectif, je peux soulever des montages pour y parvenir.
Vous imaginez donc bien qu’en 13 ans, j’ai eu matière à faire beaucoup de choses…

Psychologues x 2
EMDR x 1
Ostéopathes x 4
Acupuncteurs x 3
Praticien de Shiatsu x 2
Micro-nutritionniste x 1
Naturopathes (avant de l’être moi-même) x 4
Aromathérapeute (Naturo) x 1
Magnétiseurs x 2
Transgénérationnel x 2
Gynécologues x 5
Médecins x 3
Homéopathes x 3
Prises de sang tous les ans
Radio pelviennes x 5-6 environ

Tout était biologiquement normal. Les médecins allopathiques comme ceux orientés médecine douce ne comprenaient pas d’où ce « figeage » pouvait venir.

 

Est-ce que l’absence de tes règles te déprimait, te faisait peur ?

Non.
Ça m’intriguait, mais ne m’a jamais déprimée ni ne m’a pas fait peur.
Sans doute, car les médecins étaient rassurants : tous les examens et les tests biologiques ont toujours été normaux.
Tous les médecins avaient le même discours : mystère, mais si un jour je désirais avoir des enfants, faire revenir mes règles seraient sans doute facile.
Le fait aussi que je n’ai jamais ressenti le besoin ou me suis sentie prête à avoir des enfants, a forcément dû jouer.

Il y a aussi eu une période où j’avais l’impression que ça amoindrissait ma valeur en tant que femme, mais ça n’a pas duré très longtemps. J’ai rapidement compris que ça ne faisait pas de moins une « femme moindre ».

 

Est-ce que tu as perdu espoir ? Est-ce que tu y pensais souvent ?

13 ans, c’est long, durant ce laps de temps, il y a donc eu plusieurs phases :

les premières années, je n’y pensais pas. Ce qui était prioritaire pour moi, c’était l’anorexie, la dépression, mon rapport avec l’alimentation. Ça me semblait beaucoup plus important et vital au quotidien !
ensuite, mon état mental étant plus stable, j’ai commencé à y penser. Ça alternait entre des phases :
– où j’y pensais beaucoup : rendez-vous avec des médecins allopathes autant que des praticiens orientés médecine douce. J’essaie de comprendre, j’ai lu des centaines, des milliers de pages de lecture en physico (livre Tortora), en Naturo, Ayurvéda et Médecine Traditionnelle Chinoise.
– où je n’y pensais pas beaucoup. Je m’en fichais. J’étais ainsi, personne ne savait pourquoi, et c’était comme ça.
Ça n’impactait nullement ma vie, donc c’était ok.

 

Qu’est-ce que les règles représentaient pour toi ?

Je me suis posée cette question en travaillant sur cette vidéo.
Ma réponse pourra vous paraître étrange, mais : pour moi, retrouver mes règles n’a jamais rimé avec le fait de pouvoir devenir mère (ce qui aurait logique vu que c’est un des rôles principaux), mais a toujours été lié à la preuve ultime que j’avais réussi à me sortir de l’anorexie / d’un problème émotionnel profond (lié ou non à l’anorexie).
Une partie de moi était convaincue qu’il n’y avait plus de « blocage » ou de choses à régler qui pouvait entraver le retour de mes règles, mais une autre partie de moi se disait que malgré tout, il y avait peut-être quelque chose vu que biologiquement tout était normal.

 

Comment sont-elles revenues ?

Alors, bien évidemment, je n’ai aucune certitude, aucun moyen de dire : « c’est sûr à 100% que la solution a été TELLE(S) CHOSE(S). »
Je peux juste faire des suppositions que je vais partager ici :

Retrouver mon poids de forme.
Sur ces 13 années, la majorité d’entre elles, j’ai eu un IMC qui est médicalement « normal » : de 18,5 à 20.
En juin 2016, lors d’un voyage à Bali (je faisais alors 54 kilos), j’ai été voir une médecin Ayurvédique pour mon aménorrhée. À la fin du rendez-vous, parmi d’autres choses dites et conseillées, elle m’a dit que mon poids actuel ne correspondait pas à ma constitution de naissance (Kapha), et qu’il serait préférable que je reprenne au moins 3 kilos.
Ça m’avait énormément marqué, car des femmes qui ont un IMC comme celui que j’avais à l’époque et qui ont leurs règles, on les compte par centaines de milliers ou plus.
Je ne savais pas trop quoi penser de ça, mais je l’ai toujours gardé à l’esprit.

Mon lien avec la nourriture qui est devenu fluide, plus naturel et intuitif.
Ce point va de pair avec le précédent point.

Sortir d’une relation où j’étais pressurisée sur mon corps a, j’imagine, joué aussi.

Avril 2018, alors que je racontais à une amie le dernier jour de vie de ma mère, j’ai pris conscience de quelque chose que j’avais occulté jusqu’alors.
Je ne peux malheureusement pas en dire plus, pour respecter cette partie privée de ma vie et celle de ma famille.
Mais je tiens juste à signaler ici que j’ai conscientisé un trauma que j’avais enfoui, et que j’ai vécu le jour où ma mère est décédée.
Je ne l’avais jamais vraiment « vu » ou compris, car il avait été occulté par le décès de ma mère qui a déjà été pour moi, un traumatisme.

Aujourd’hui, sans pouvoir l’affirmer avec certitude, je pense que c’est tout cela combiné qui a fait que mes règles sont revenues. Un long chemin enrichissant et plein d’incertitudes, de doutes, d’obstacles.

 

Est-ce que ma ménopause sera décalée ?

Alors, ça c’est une question que je ME suis posée.
Biologiquement, cette aménorrhée de 13 ans, elle signifie quoi ?
Que je serai ménopausée plus tard ?
J’ai donc posée la question à un gynéchologues, deux sage-femmes, et mon médecin traitant, et aucun n’a su me répondre.

 


 

Cet article, cette vidéo touchent à sa fin.
Les troubles hormonaux, les troubles alimentaires, qu’ils soient pathologiques ou non, les troubles de l’humeur dont la dépression sont des sujets si délicats et personnels.
Ils sont tabous, mais ils ne devraient pas l’être.
Personne ne devrait avoir honte si on est concerné(e) par un ou plusieurs d’entre eux.
Le chemin pour aller mieux est parfois long et fastidieux.
Comme beaucoup de choses dans la vie, il ne faut jamais espérer atteindre un but, mais plutôt se concentrer sur le cheminement, et ce qu’on y apprend durant celui-ci.

Merci de m’avoir écoutée.
Prenez soin de vous.

 


 

Ressources

 

Aides professionnelles et travail psy

• Comprendre la différence entre psychiatre, psychologue et psychanalyste afin de savoir lequel choisir si l’on souhaite travailler sur soi / se faire aider.
EMDR : pour ceux ayant vécu des événements traumatiques – cette approche doit être faite en parallèle d’un travail psy (elle ne le remplace pas).
Répertoire Pastel : j’ai créé ce carnet d’adresses regroupant tous les praticiens (allopathique + médecine douce) que je connais personnellement et en lesquels j’ai confiance.
• Conseil pour trouver sa / son psychologue : essayez, essayez, essayez encore. Soyez patient.
Regardez sur Google Maps ou Doctolib les psychologues autour de chez vous (ou près de votre lieu de travail). Regardez ensuite individuellement leurs différentes fiches : Doctolib permet notamment de lister leurs spécialités. Personnellement, un bon indice pour moi (en fonction de mes valeurs) est d’opter pour un/une ayant une approche de « Mindfulness » et/ou plutôt Jungienne.

 

Lectures + podcast

• Cette BD – désormais mondialement connue – sur la notion de « Charge Mentale » m’a permis de comprendre des éléments majeurs sur le rôle de la femme / mère dans notre société. Et de comprendre comment je veux / ne veux pas vivre lorsque je suis en couple. Ça m’a énormément aidée à conscientiser des choses que je vivais alors, et que je ne souhaite plus vivre.
Libérées : une véritable claque… dans le bon sens. Une révélation sociologique et historique sur le rôle de la femme moderne dans son couple, travail, et en tant que mère. Ça m’a permis de comprendre tellement de choses. Le ton de l’auteure est plein d’humour, ce qui permet une lecture facile.
• Le travail d’Ariane Grumbach m’a énormément aidée. À comprendre certains mécanismes (et donc à m’en défaire). À conscientiser des choses de mon passé (et faire la paix avec).
Son Podcast est une mine d’or. Son livre est apaisant. Elle consulte sur Paris (et peut-être à distance, à voir avec elle).
Fuck les régimes : ce roman autobiographique m’a permis de comprendre les rouages des liens compliqués que beaucoup de femmes (dont moi à l’époque où je l’ai lu – 2017) vivent, sans pour autant que leurs comportements puissent être classés comme « pathologiques ». Je me suis sentie moi seule, et j’ai surtout pu conscientiser beaucoup, beaucoup de choses… La fin du roman se finit bien, et donne une note d’espoir pour les femmes concernées. Ce livre est un livre qu’on peut considérer « léger », très accessible dans le style.
Intuitive Eating est un livre qui n’existe, malheureusement, qu’en anglais. Lisant peu en anglais, j’ai préféré l’écouter en Audio (il existe sur Audible). Un livre qui est un « indispensable », selon moi, pour les femmes ayant un lien compliqué avec leurs corps et/ou leur alimentation.
À 10 kilos du bonheur est épuisé, mais on peut le trouver d’occasion ou sous format e-book. L’auteure détient une maîtrise en psychologie de l’Université Laval (Canada), et est spécialisée dans les thématiques des troubles de l’alimentation et de l’image corporelle. Cet ouvrage a un ton « sérieux », et s’appuie sur plusieurs études, statistiques, tous deux mis en avant et illustrant les propos de l’auteure. 

 

Instagram, comptes inspirants et réels

Les comptes qui font du bien, qui montrent du vrai, ils sont nombreux.
Je ne pourrai pas tous les mentionner, car je ne les connais pas tous… mais en voici quelques-uns :
Danae Mercer nous montre comment les photos « parfaites » d’Instagram sont faites.
Céleste Barber (qu’on ne présente plus, si ?) parodie certaines vidéos / photos.
Rianne Meijer poste parfois des photos avec une version « idéale » et une version « comique ».
Femme de moi, communauté positive.

… Bien évidemment, il existe beaucoup d’autres ressources sur les mêmes thématiques : je n’ai listées ici que celles que je connais, que j’ai lues / écoutées / regardées. Celles qui m’ont aidée.

 


 

D’autres chouettes articles à (re)découvrir :

Tous mes articles « personnels »
Tous mes articles « Émotions »
Le Syndrome de l’Intestin Irritable : mon parcours et mes conseils

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24 commentaires

  1. Calvet

    Magnifique témoignage Mélanie ! Merci pour tes vidéos qui aident tout le monde . Je n’ai jamais eu de problèmes de tca mais j’étais une adolescente plutôt mince (ma nature) et au collège on me traitait d’anorexique . Ça ne m’a jamais quittée . La confiance en moi a pris un coup . Je te remercie encore pour ton témoignage . C’est moi qui t’avait écrit car j’ai un british shorthair depuis mi août . Raki une petite femelle adorable et câline . J’ai passé le bonjour à celine de ta part . Elle était ravie . Je t’embrasse .

    mardi 25, août 2020 à 20h18
    1. Mély

      @ Calvet : Bonjour ✨
      Oh, merci ! Je me souviens bien évidemment de toi (et je suis ravie que tu es recueillie ton trésor félin !).
      Ariane Grumbach, dans son Podcast ‘BCBT » parle également de ce sujet (femmes très minces peuvent souffrir) : si le sujet t’intéresse, je te recommande vivement son podcast tout doux et bienveillant 💛

      mercredi 26, août 2020 à 7h34
  2. Isabelle MM

    Merci encore Mély pour cette deuxième vidéo à coeur ouvert. Je te trouve très inspirante dans ta générosité à vouloir aider ton prochain en transmettant ton expérience, et dans la sincérité de tes propos qui sonnent juste et résonnent toujours beaucoup en moi.

    mardi 25, août 2020 à 23h14
    1. Mély

      @ Isabelle : Merci beaucoup 💛

      mercredi 26, août 2020 à 7h34
  3. Clau

    Chère Mélanie,

    Merci infiniment d’avoir partagé ton histoire.
    Tes deux vidéos m’ont vraiment touchées et je trouve incroyable à quel point on peut ressentir ta force et ta douceur. Je suis heureuse que tu es trouvé un équilibre, je pense que cela donnera de l’espoir à beaucoup de personne.

    Pour ma part j’ai été aménorrhée pendant plus de 2 ans au lycée après avoir perdu du poids volontairement car je n’ai mais pas mon ventre. J’ai atteins à ce moment là un imc de 16 mais personne ne m’a parlé de TCA… mon entourage me complimentait sur ma maigreur. 10 ans après c’est toujours un peu compliqué mais j’ai retrouvé un poids « normal » et je me suis distancée de certaines personnes. (D’ailleurs je n’habite plus en France et ça m’a aidé aussi)

    PS: Je ne connaissais pas le mot aménorrhée avant de regarder tes vidéos donc merci.

    mercredi 26, août 2020 à 19h01
    1. Mély

      @ Clau : Bonjour ✨
      Merci beaucoup pour ton gentil message 💛
      C’est hélas bien vrai, que l’on félicite souvent une personne pour sa perte de poids… alors que cette dernière peut être le reflet de maladie et/ou de dépression et/ou d’un mal profond.
      Fascinant de voir que, pour toi aussi, le fait de quitter la France a joué dans ton équilibre.

      jeudi 27, août 2020 à 19h23
  4. Anne

    Merci beaucoup pour cette deuxi`eme vidéo! J’avais oublié le blog de Emma Clit, cette femme fait vraiment un travail formidable. Son article “Fallait demander” raisonne incroyablement juste!
    Sur Youtube il y a l’Australienne What Mia Did Next qui est vraiment bien et parle de TCA et de santé psychologique. Sinon le livre ‘Eating in the Light of the Moon’ de Anita Johnston est fantastique.
    Voilà, encore merci pour vous être livrée comme cela et belle fin de semaine,
    Anne

    mercredi 26, août 2020 à 21h06
  5. cecile J

    Bonjour Mély

    Je continue donc mon petit paragraphe sur ton blog , merci d’avoir ouvert ta boîte de pandore, tes vidéos m’ont beaucoup touchées , comme je disais sur ton poste instagram , moi aussi j’ai souffert des troubles de l’alimentation , j’ai été en début d’obésité à l’adolescence , j’ai souffert du regard des autres ( on m’a aussi appelé obelix a plusieurs reprises ) quand j’étais attiré par un garçon celui ci ce moqué de moi en me faisant croire que je lui plaisais J’ai beaucoup souffert de tout sa . Des personnes de ma famille me surnommé mémére , je sais que c’étais pas méchant mais c’est hyper humiliant , les gens ne se rendent pas comptent que les mots sont très fort et peuvent avoir un impact sur la personne. Ma mère m’a donc emmené voir une nutritionniste , j’ai fais du tennis tous les mercredi après midi et en grandissant j’ai perdu mes kilos . Je la remercierai jamais assai de m’avoir aidé. Mais voila que cela été devenu une obsession , toujours a surveiller mon poid , regarder les kaloris des aliments quand je faisais les courses , même a acheter des yaourt taille fine . Ça a duré plusieurs années . Petit à petit j’ai réussi à moins penser balance et kilos . Il y a 6 ans de ça j’ai commencé un travail sur moi et j’ai repris des kilos , mon corps a changé , je l’aime mais défois non , et quand je me regarde parfois j’ai l’impression que ce n’est pas moi je sais pas comment l’expliqué . Avant mon travail sur moi j’avais des relations toxiques , qui ne durées pas , j’attiré que des personnes qui ne m’aimées pas , qui me négligées .Quand je repense a toutes ces années je me dit que sa ma bouffer de l’intérieur ce problème de poid. A l’heure d’aujourd’hui j’aimerai perdre quelques kilos mais je n’ai plus la motivation ni la force . Depuis 4 ans que je suis avec mon compagnon , je me sens bien , c’est une personne qui me rassure et qui prend soin de moi , il me dit souvent que je suis belle , toujours a me complimenter , c’est ma petite étoile tombée du ciel. Il m’aide a avancer et on se ressemble tellement , on travaille sur nous main dans la main . J’ai arrêté les thérapeutes depuis 2 ans , j’ai essayer l’emdr mais j’avais pas d’atomes crochus avec la praticienne , du coup je vais essayer la kinésiologie . Sa me rassure de voir que tu as essayé plusieurs thérapeutes avant qu’,il y en ai un qui te corresponde . Je suis également très sensible , je sais pas si c’est mon histoire de vie qui m’a fais devenir comme sa , mais ma sensibilité je la prend comme un cadeau de l’univers. Je me sens différente des autres , d’ailleurs on me l’a souvent fais remarqué , que je suis dans mon monde , je suis souvent dans la lune , je rêve éveillé :) mais c’est ma façon a moi de me protéger et de supporter les tempêtes de la vie . Voila je vais m’arrêter la quand même ^^.

    Je suis contente que tu ailles mieux et que ta maladie soi une page de tournée .

    Merci encore douce fée pour tes articles , ton univers doux comme du coton.

    A bientôt

    Cécile ( sur instagram Cécile 73 , pour que tu me reconnaisses :) )

    vendredi 28, août 2020 à 17h16
    1. Mély

      @ Cécile : Bonjour ♡
      Tu as bien fait de préciser qui tu étais en signature… ça ne fait que rendre ton message plus vivant, car je sais que tu es toujours présente dans mes partages, à me glisser de gentils mots et me soutenir. Ça me permet de faire un lien entre ton histoire (touchante) et ta présence.
      Je suis heureuse de te savoir mieux, et bien accompagnée ✩
      Merci d’avoir partagé ce morceau de ton histoire ✭

      samedi 29, août 2020 à 9h58
  6. Sylvie C

    Une deuxième partie bien structurée et tout aussi travaillée qui complète parfaitement la première. Ce dossier présente de façon approfondie le sujet. Il incite aussi à réfléchir à la portée de nos mots qui peuvent blesser ou même être la source de troubles graves (TCA, dépression, phobies…) selon la sensibilité et l’histoire de notre interlocuteur. Un partage généreux, informatif et utile dont on mesure la masse de travail qu’il a nécessité.
    Sylvie C

    vendredi 28, août 2020 à 23h01
    1. Mély

      @ Sylvie : Oh, merci beaucoup 🌷 Un commentaire qui me touche beaucoup 💌

      samedi 29, août 2020 à 9h46
  7. Lola

    Bonjour Mélanie,

    Un immense merci pour ton témoignagne bouleversant, d’utilité publique, sur un sujet encore tabou dans notre société. La bienveillance et la transparence de tes propos m’ont beaucoup touchée. J’ai une question – en espérant qu’elle ne soit pas déplacée, auquel cas je m’en excuse – as-tu songé à utiliser / eu recours à la moindre contraception féminine pendant ces 13 ans ? Ou cela te paraissait-il totalement incongru ?
    Merci pour ton travail et ta volonté de transmettre aux autres.

    samedi 29, août 2020 à 14h31
    1. Mély

      @ Lola : Bonjour ✨
      Merci pour tes gentils mots.
      Durant ces 13 années, à chaque fois que j’ai été en couple, je faisais un test de grossesse tous les 3 mois (12 semaines étant le délai légal, en France, pour procéder à une IVG).
      Je n’avais pas recours à des contraceptions féminines (surtout celles aux hormones – pilule ou stérilet) de peur de perturber davantage mon cycle, mais je surveillais une potentielle grossesse « surprise » ainsi.
      Et, bien évidemment, lorsque je commençais une nouvelle relation (j’en ai eu peu – et aucune « one night stand »), je faisais un test de dépistage, et je demande à l’Autre de faire de même, avant d’arrêter le préservatif.

      samedi 29, août 2020 à 18h44
  8. NEANT

    Coucou Mélanie :) Le contenu de ta première vidéo m’a rappelé le souvenir de toi telle que je te connaissais il y a 5 ans… Cette seconde vidéo me fait découvrir la très belle personne, en phase avec elle-même, rayonnante, apaisée, que tu es devenue depuis. L’état d’équilibre au poids de forme est crucial et me parle beaucoup : après des années de régimes et de yoyo, j’en étais arrivée là moi aussi (quand tu m’as connue, en 2008) : écouter son corps, ne plus se prendre la tête avec la nourriture, sentir sa satiété,… Malheureusement, j’ai perdu cet état d’équilibre depuis mes grossesses : mon corps a changé, mon poids de forme aussi, et je me sens au bord du précipice quand je m’imagine devoir « faire confiance à mon corps » pour se rééquilibrer de lui-même… Je ne souffre plus de TCA mais j’ai beaucoup de mal à manger en pleine conscience et à écouter mon appétit, très variable. Un vrai déséquilibre Vata comme on dit en Ayurvéda ! Ton témoignage m’a beaucoup apporté et rassurée, car j’ai réalisé que je prenais malgré ces difficultés encore présentes le même chemin que toi vers la guérison : j’ai trouvé mon identité, j’ai trouvé d’autres centres d’intérêts que la nourriture, et j’ai fini par accepter mon corps, même avec ses kilos de grossesses. Ce lâcher-prise portera ses fruits quand j’apporterai plus de conscience à mes repas – habitude que j’ai complétement perdue depuis que j’ai des enfants et des repas toujours bruyants et mouvementés ! Merci en tous cas pour ce témoignage qui à mon avis parle à toutes les personnes souffrant de TCA, aussi bien boulimiques qu’anorexiques. Amitiés, bises ! Jenny

    samedi 29, août 2020 à 21h22
    1. Mély

      @ Jenny : Merci beaucoup 💕
      Parmi les personnes qui viennent me consulter, j’ai une écrasante majorité de femmes (99%). Mais, parmi elles, une immense variété d’âges, de situation, d’histoires, de métiers, de sensibilité, etc.
      Parmi celles qui sont mères, je retrouve malheureusement (trop) souvent une forme de déséquilibre : fatigue, perte d’identité, manque de motivation (sans doute dû à un manque de temps), et l’anxiété sort souvent : j’ignore si cela t’aidera, mais tu n’es donc pas la seule à qui la maternité t’aura bousculée.
      Heureusement, j’aime à penser que ce n’est pas représentatif des Femmes en général (mais « seulement » des femmes que je suis – et, bien sûr, il y a aussi parmi elles des mères épanouies, même si elles sont minoritaires).
      Le livre « Libérées » + la BD d’Emma (cités dans les ressources à la fin) m’ont TELLEMENT éclairée sur le rôle de la femme / mère dans le couple. Ça a été une des nombreuses raisons qui m’a amenée à quitter cet homme, fin 2017. Le potentiel enfant n’était pas conçu, qu’il essayait déjà de me dire qu’il aurait besoin de continuer à sortir voir ses copains le soir, de faire des grasses-matinées, de sortir sur ces temps libre pour ses loisirs, etc. (et que moi, vu que j’étais une introvertie qui aimait me lever tôt, ça ne devrait pas poser problème que je m’occupe de l’enfant). L’enfer absolu menaçant.
      Bien évidemment, c’est un cas extrême qui n’est PAS représentatif de la majorité des hommes… mais distillé à une dose moindre, on retrouve ce schéma dans beaucoup de couples (et parmi beaucoup de femmes que je suis, qui se sentent très seules face dans leur parentalié).
      Je sais que tu n’as pas connu cette malchance (même si cela ne doit pas te faire culpabiliser de quand même ressentir de la difficulté à être mère), je suis très heureuse qu’A. soit aussi présent et impliqué, autant dans la maison que les enfants : précieux et rare, crois-moi ♡

      lundi 31, août 2020 à 13h06
  9. Mélanie

    Merci pour cette deuxième vidéo très riche, qui fait du bien.

    Une ombre de tristesse : même si des « indices » de cette expérience difficile transparaissaient déjà sur ce blog, j’aurais espéré pour vous une période plus sereine et heureuse. Ce sera pour la route à venir, je vous le souhaite.

    samedi 29, août 2020 à 23h02
    1. Mély

      @ Mélanie : Merci beaucoup ♡
      Ne soyez pas triste : je ne le suis pas, et suis même reconnaissante, car j’en suis sortie tellement grandie ✩

      dimanche 30, août 2020 à 8h38
  10. Lsa

    Merci Mélanie pour avoir pris le temps et le courage de raconter ton histoire. Les nombreux points communs avec la mienne m’ont touchée (et je ne pense pas être la seule). Je n’ai pas vécu à l’étranger étant enfant mais je me suis expatriée à 26 ans, et cela a contribué à l’amélioration de ma relation avec mon corps. Je me suis d’ailleurs demandée si tu avais songé, parfois, à partir à nouveau pour un autre pays, une fois adulte.

    Merci d’insister sur le fait qu’une psychothérapie non centrée sur la nourriture est essentielle dans le processus de guérison. Lorsque j’ai commencé à consulter ma psychothérapeute, j’étais surprise qu’elle ne pose pas de questions sur ma relation avec la nourriture, car pour moi elle était au centre de tout, dans ma vie à ce moment-là. Et en fait, c’est en élaborant sur son histoire, nos relations avec notre famille, notre enfance, que l’on fait émerger des choses à la surface de la conscience, que l’on dénoue des nœuds, et que progressivement, on se détache de poids qui nous retenaient au fonds de l’eau – c’est comme ça que je l’ai vécu en tout cas. Je vois cette psy depuis maintenant 13 ans, et considère que ce travail thérapeutique est la chose la plus merveilleuse et essentielle dans laquelle je ne me suis jamais investie.

    Merci aussi de partager de manière si honnête ta relation avec ton aménorrhée. Je trouve cela précieux et tellement important que chaque femme puisse librement évoquer l’importance que représente son utérus, ses règles, sans que cela ne soit nécessairement lié au fait de vouloir un enfant. C’est tellement plus complexe que cela. Je comprends tellement le sentiment de reconnaissance envers son corps lorsque le système hormonal se remet en marche naturellement. J’ai pendant 10 ans – en lien avec mes troubles alimentaires – eu des règles très espacées, parfois absentes pendant 6 mois ou un an – et surtout sans jamais aucune douleur, aucun ressenti corporel, ni aucun changement d’humeur, comme si elles n’étaient qu’un peu de sang et rien d’autre, déconnectées de moi-même. Après une expérience intime/amoureuse très forte et importante dans ma vie, de violentes douleurs au ventre sont souvent apparues, et les règles se sont alors espacées de manière parfaitement régulière, exactement tous les 28 jours (elles le sont toujours depuis, mais la douleur s’est calmée). J’ai la conviction que cette expérience m’a permis de reconnecter mes émotions à mon corps, et cela n’a pas cessé depuis. Je vis maintenant ces douleurs avec une certaine sérénité et bienveillance, car elles représentent pour moi une connexion profonde à mon corps.

    Pardon pour ce long message. Je ne commente quasiment jamais les vidéos sur internet, mais celles-ci m’ont tant touchées. Si délicatement écrites et sur un sujet qu’il est tellement important de « dé-tabouiser ».

    Bonne continuation à toi.

    dimanche 30, août 2020 à 5h13
    1. Mély

      @ Lsa : Bonjour ✨
      Merci beaucoup pour ton message aussi long que passionnant, intéressant et qui – j’en suis certaine – servira pour d’autres, aussi.
      Les sujets de l’expatriation, la culture + mentalité française, et le rôle qu’une relation amoureuse (saine ou le contraire) peut influer sur nous : des points communs vécus différemment.
      Merci 😊

      lundi 31, août 2020 à 12h58
  11. Ariane Grumbach

    Bonjour Mély, un immense bravo pour ces deux videos et un grand grand merci de me citer et tellement heureuse si j’ai pu un tout petit peu contribuer à améliorer ton bien-être.
    Petite précision pour @Calvet : c’est en effet le 37e épisode de BCBT le podcast qui est consacré aux femmes « super minces, pas vraiment super heureuses »

    dimanche 30, août 2020 à 12h08
  12. Marion

    Bonjour Mélanie,

    C’est la première fois que je poste un commentaire sur ton blog ou tes réseaux, mais je te suis de manière silencieuse depuis quelques années déjà.

    Je voudrais te remercier pour ton authenticité avant tout. Ça fait un bien fou d’écouter des témoignages réels, humains et sans artifices. Poignants aussi, ainsi que très enrichissants. J’ai été très touchée par ton histoire et ça fait très plaisir de te voir aujourd’hui aussi confiante et rayonnante.

    Je ne souffre pas de TCA ou d’aménorrhée, cependant j’ai trouvé ton témoignage fascinant et très intéressant. J’ai appris beaucoup de choses: les deux heures de vidéo en valaient certainement la peine ;-) Ton passage sur le fait de consulter un psychologue même quand ça ne va pas forcément très mal a fait surgir des larmes aux yeux en moi de manière assez surprenante et inexpliquée. Sûrement un signe que je devrais tenter l’expérience…

    Merci à toi pour cette bouffée d’authenticité, de douceur et de bienveillance. Tu fais du bien, même à des milliers de kilomètres (je vis sur un autre continent).

    Je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite!
    Merci encore pour ton travail.

    Marion

    mardi 8, septembre 2020 à 5h27
    1. Mély

      @ Marion : Bonjour ♡
      Merci beaucoup.
      Ça me fait chaud au coeur de pouvoir « toucher » et faire du bien aux personnes concernées… et encore davantage aux personnes non concernées : cela veut dire que, d’une certaine manière, j’ai réussi à m’exprimer de manière universelle, et que mon authenticité a trouvé le coeur des gens ⭐
      Oui : je suis plus que convaincue que l’on gagnerait tou(te)s à se faire accompagner, à un moment donné de notre vie. Nous sommes humains, et par définition (surtout dans notre société actuelle), que quelqu’un nous tienne la main, et nous aide à débroussailler certaines choses peut être tellement bénéfique 🕊

      mardi 8, septembre 2020 à 10h09
  13. Delphine Pocard

    J’ai laissé depuis longtemps tomber l’idée qu’un psychologue pouvait m’aider vraiment à me sentir mieux dans ma peau, à apaiser mes angoisses, mes peurs quotidiennes. Grâce à ta vidéo, je reprends espoir. Je suis en zone grise, avec des périodes frôlant le rouge.

    Ça me fait toujours un bien fou de te voir présente sur les réseaux sociaux, lieux où tellement de comptes se ressemblent. Ta générosité, ton intelligence, ta prise de recul… Tu es pleinement toi et tu apportes tellement.

    Concernant les TCA, oui, c’est important d’insister sur le fait que la nourriture n’est pas le vrai problème à résoudre. On ne guérit pas en tentant de maîtriser ce que l’on ingère. Hélas, j’ai constaté que trop de personnels de santé ne comprennent pas cela. Il est indispensable de travailler sur soi, notre rapport à la nourriture change naturellement au fur et à mesure que nous nous transformons. J’ai vécu plus de 15 ans dans la boulimie anorexique. Que de périodes de détresse, de souffrance… La maladie s’est envolée du jour au lendemain, après 4 mois de grossesse… Alors que j’étais persuadée de ne jamais pouvoir m’en sortir. J’ai évolué, mais je me considère encore comme une personne dépendante (affective). Il y a du travail, je ne me sens pas construite.

    Merci encore pour ce témoignage hyper éclairant. Des bises. Je te suis depuis au moins 10 ans et j’en suis très heureuse.

    samedi 12, septembre 2020 à 7h28
    1. Mély

      @ Delphine : Bonjour ♡
      Tant de détails dans ton message m’ont touchée… merci énormément d’avoir pris le temps de me l’écrire 💝
      Il est fréquent que des « événements » fassent office de déclencheur : soit pour aller mieux (comme dans ton cas), soit pour sombrer (j’ai une amie qui a re-sombré dans la boulimie enceinte, alors qu’elle passait s’en être sortie depuis plusieurs années).
      L’important, c’est de toujours cheminer… ou d’essayer, à son rythme 🌿
      D’expérience, je sais que si un « symptôme » disparait, mais qu’on a pas travaillé (ou résolu) la (ou les) cause(s), ça peut revenir (parfois non, mais le plus souvent si) autrement, autre part, à un autre moment. C’est juste la vie, il ne faut pas en avoir peur : il faut lui tendre la main, et se laisser guider là où on doit regarder.
      Beaucoup de courage pour toi, et merci d’être là… après ces 10 années… ⭐

      mardi 15, septembre 2020 à 9h28

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