Cuisiner bio… Cher ? Compliqué ?

« Manger bio »… Qu’est ce que c’est exactement ? Est-ce plus cher ? Est-ce compliqué ?

Lorsque, plein de bonne volonté, on se décide à se mettre au « Bio » et, que l’on modifie simplement le lieu d’achat (magasin bio au lieu de notre magasin habituel), sans modifier nos habitudes alimentaires… Alors, « oui », le Bio coûte beaucoup plus cher.
Mais… Se nourrir de plats déjà tout prêts (pizza, nem, bonbon, gâteau, pain de mie, hamburger…), de fruits & légumes hors saison, de viande quotidiennement, le tout labellisé bio… est-ce vraiment là la définition du Bio ?
Oui… et non.

Version officielle

En France, les produits alimentaires peuvent être certifiés par 3 principaux labels : AB, Nature & Progrès, et Demeter.
Ils certifient que les produits proposés sont dépourvus de :
– antibiotiques & d’hormones de croissance pour les animaux
– pesticides & d’engrais pour les fruits, légumes, céréales & autres denrées végétales

La différence entre ces 3 labels réside principalement à un cahier des charges plus ou moins rigoureux : Demeter ayant le cahier des charges le plus rigoureux & respectueux de la Nature, et le label AB le plus souple.

Voilà, officiellement parlant, la définition du Bio se résume à cela.

 

Le Bio… en dehors des labels : une philosophie

De nos jours, le Bio est mis à toutes les sauces, et nombreuses sont les entreprises qui utilisent l’image du Bio pour vendre plus, valoriser leur image de marque, gagner une nouvelle clientèle…
Pour beaucoup, le Bio se résume uniquement à une histoire de label. Et, le fait d’acheter des produits labellisés Bio est déjà un premier pas, une amorce honorable.

Tandis que pour d’autres, le Bio représente bien plus : c’est une philosophie, un état d’esprit, une manière de vivre.
« Biodiversité, respect des saisons, agriculture locale, écologique, éthique… » sont autant de qualificatifs qui rentrent dans la définition du Bio, selon ces personnes.
Chacun le vit différemment, car chacun a ses propres valeurs, et ses propres limites.
Partant de ce principe : pour certains, se nourrir avec des produits issus d’une agriculture locale sera le plus important, alors que pour d’autres, le respect des animaux sera une valeur sacrée, etc…
Ainsi, chacun vivra le Bio différemment.

Le Bio, selon Mély

Cette définition est simplement la mienne, et comme tout un chacun, elle a beaucoup évolué au cours des années passées, et continuera très certainement d’évoluer les années qui viennent.

Selon moi, manger Bio, c’est manger des produits :

* en adéquation avec Dame Nature
La Nature est précieuse, belle, et peut nous apporter beaucoup. La notion de respect de Dame Nature me parait essentielle.
Les labels Bio (AB, Nature & Progrès, Demeter) sont un bon point mais ils ont leurs limites.
En effet, actuellement, en plein hiver, nombreux sont les magasins bio qui proposent des légumes d’été (tomate, concombre & aubergine) sur leurs étals.
Voici un exemple d’entreprises qui surfent sur la vague du Bio pour en tirer des bénéfices financiers… au détriment de la santé de notre jolie planète. La directrice commerciale d’une chaine de magasin bio (dont je tais volontairement le nom de l’enseigne) m’a avouée« être obligés de proposer de tels produits, sinon, notre clientèle irait faire leurs courses chez les concurrents ».
Les aubergines présents sur les étals en hiver (bio ou pas) proviennent de pays étrangers, et ont poussé sous serre. Cerise sur le gâteau : afin d’arriver jusqu’à nous, il leur aura fallu parcourir de nombreux kilomètres… ce qui élève leur impact environnemental.
Les saisons, de par leur étonnante variété de couleurs & de saveurs nous propose des produits qui répondent aux besoins que notre organisme a, à ce moment de l’année.
En automne/hiver, nous avons besoin de chaleur, d’une nourriture consistante qui tient au corps… C’est la saison des châtaignes que l’on fait griller au coin du feu, des purées de potimarrons & courges qui nous réchaufferont, les pots-au-feu mijotés de longues heures à feu doux…
Au printemps/été, nous avons plus envie de légèreté & de fraicheur. Les courgettesaubergines & tomates poussées au soleil seront goûteuses, et un rien pourra les accompagner pour délecter nos papilles.
Outre l’aspect qualitatif des produits de saison : rappelons que consommer de saison a aussi un impact sur notre porte-monnaie.
Consommer de saison, c’est aussi consommer à moindre coût.
J’essaie ainsi de privilégier le local & les produits de saisons.

4-saisons

* en adéquation avec sa philosophie de Vie
Certains sont plus sensibles que d’autres à l’écologie, et à l’impact environnemental que leur consommation peut avoir.
Tandis que d’autres seront plus sensibles au respect & au traitement des animaux.
En fonction de la philosophie de chacun, les priorités des critères de consommation diffère d’une personne à une autre.
Que l’on soit végétarien ou non, une baisse de consommation de viande est bénéfique, non seulement pour sa propre santé, mais aussi pour la santé de notre Planète (l’émission du CO2 n’est qu’un exemple)… et permet de faire des économies.

* manger en se faisant plaisir
Dernier point, mais pas des moindres !
Manger Bio ne doit pas être un casse-tête ou être source de frustration.
Manger Bio doit rester synonyme de plaisir, de gourmandise.
Goûter à des variétés anciennes de fruits & légumes, découvrir de nouveaux produits non distribués dans le circuit conventionnel, s’apercevoir de l’immense variété des céréales (qui ne se résume pas au blé & au riz), apprendre à cuisiner les légumineuses…

Bref… A mes yeux (mon coeur & mes papilles), manger « Bio » ne se résume pas à 2 ou 3 labels qui peuvent être obtenus sans respecter Dame Nature.
A dire vrai, l’appellation Manger Bio serait même inexacte, et je préfère dire Manger sain.

 

La théorique, c’est bien beau… et en pratique ? Au quotidien ? Est-ce fastidieux ?

Tout les points vus précédemment peuvent paraitre déroutants.
D’ailleurs, cela peut même en décourager plus d’un, pourtant, plein de bonne volonté.

Même plein de bonne volonté, on ne peut pas changer sa façon de cuisiner du jour au lendemain.
Parce que notre façon de nous nourrir fait parti de nos valeurs acquises depuis la plus tendre enfance : elle fait partie de notre quotidien, de nos habitudes…

Mais, c’est possible.
Le tout est d’y aller à votre rythme. Pas à pas.

Pour vous aider, pensez à tous les coups de pouces possibles & variés, selon les préférences de chacun.
Pour vous accompagner dans vos démarches, il existe de nombreuses aides & supports qui peuvent prendre diverses formes :
– des professionnels de santé peuvent vous guider (diététicien, nutritionniste, naturopathe, médecin généraliste…)
Attention toutefois à ne pas confondre une alimentation équilibrée avec une alimentation saine. De nombreux professionnels de santé font encore l’amalgame.
– des ateliers de cuisine saine & gourmande, des cours culinaire particuliers ou en groupe à domicile permet de pratiquer (plutôt que de rester dans la théorie). Cela permet aussi de rencontrer des gens.
– trouver des idées de recettes dans des livres, ou des articles de presse spécialisée, et même de nombreux blogs proposent toute une brochette de recettes saines & savoureuses.

 

Lectures suggérées

Bibliographie
Vous pouvez retrouver ici tous mes coups de coeur littéraire.
Parmi eux, voici une sélection autour de la cuisine bio : locale, de saison, à un prix doux… :
Cuisiner bio & pas cher, de Valérie Vidal
Les protéines végétales : une mini plaquette de 6 pages, juste pour les bases, pour débuter
Le guide du locavore pour mieux consommer local, d’Anne-Sophie Novel
Manger bio, c’est pas du luxe, de Lylian Le Goff
Bio, bon & gourmand de Valérie Cupillard : c’est LE livre de la cuisine saine & gourmande, selon moi
Les légumes bio, mode d’emploi de Valérie Cupillard : comment cuisiner tous les légumes de saison de manière simple & rapide
Le grand ménage, de Raffa : comment garder sa maison propre sans avoir 150 produits d’entretien
Créez vos cosmétiques bio, de Sylvie Hampikian : faire ses propres cosmétiques bio, mais simplement (il existe plein de livres sur la cosmétique maison, mais, à mes yeux, celui-ci est le plus simple)
Toxic de William Reymond : un livre sur l’industrie agro-alimentaire & la politique américaine
DVD Solutions locales pour un désordre global : un film documentaire français à voir & à revoir
DVD Food Inc. : un film documentaire américain sur l’industrie agro-alimentaire aux Etats-Unis

Internet
Pour une cuisine omnivore, mais en conscience :
* Kokopelli : association pour des semences de variétés de fruits & légumes anciens
(d’autres à venir prochainement…)